Tu sais que tu as un mental de « chips » quand…




Tu es le premier à le reconnaître : le tennis est un sport où 95% des choses se passent entre les deux oreilles. Mais t’es-tu déjà réellement demandé si tu possédais toi-même cette force mentale que tu préconises ?

A cet effet, je t’ai concocté un petit fascicule. Si tu te reconnais dans la majorité des 25 situations que je t’ai « scientifiquement » élaborées ci-dessous, tu seras obligé de l’admettre : tu as un mental de chips. Et pas le flic motard de la série, hein ! Non, une vraie chips, bien grasse, parfaitement indigeste et qui peut craquer à tout moment… 

 

 

. Quand ton adversaire rate sa 1ère, tu pries pour qu’il fasse une double. En gros, tu mise plus sur l’échec des autres que sur ta propre réussite. Mais tu imagines si tu fais pareil dans la vie ?

. Dans la même veine, à chaque fois que tu joues un point important, tu ressens beaucoup plus la peur tenace de le perdre que l’envie furieuse de le gagner. Du coup, tu es crispé et ton niveau s’effrite systématiquement.

. Tu as toujours besoin de trouver une petite excuse avant même d’avoir commencé à jouer. Un petit rhume, une douleur au genou, un apéro trop corsé la veille, n’importe quoi, mais quelque chose qui puisse te ménager une porte de sortie en cas de « trouage ». Et ainsi t’ôter un peu de pression.

. Tu postes sur Facebook des photos de toi en train de jouer accompagnées de phrases inspirées, dignes de slogans publicitaires.  Genre : « La terre est ta surface, le ciel est ta limite. » Ou bien : « Train hard. Play freely. Feel your heart. Be yourself » (ça fait encore plus inspiré, en anglais). Alors, Ok, tu susciteras peut-être beaucoup de commentaires, mais aussi, derrière, pas mal de moqueries….

. Tu joue en match avec l’équipement complet de Federer ou Nadal. Sache que quand on te voit arriver, on sait que tu un gros potentiel de fissurage au bout de 3 jeux. Eh, t’as déjà oublié ?! « Be yourself… »

. Tu décides au bout de 3 points si tu es dans un bon jour ou pas. Si tu commences par 3 fautes, tu décrètes que tu sens rien et tu te tires tout seul vers le bas pour le reste du match.

. Quand tu parles de tennis, tu as toujours tendance à te valoriser, enjoliver la réalité voire parfois flirter avec la mythomanie. Exemple : « J’ai perdu 6/4, 6/4 contre un 15/3 ancien 15/1 » (alors que tu as perdu 6/3, 6/3 contre un 15/4 ancien 15/2). Ou alors, très fréquent : « Mon problème au tennis, c’est que je ne ne m’entraîne jamais, je n’ai pas le temps » (alors que tu joues 4 fois par semaine). Cette frustration sous-jacente rejaillit obligatoirement sur le terrain où, d’une manière ou d’une autre, tu vas te « coucher » face à la moindre difficulté.

. Tu es tout le temps blessé, et toujours des blessures bizarres qui n’arrivent  qu’à toi. Sache que quand le corps se blesse, ca part toujours de la tête. Médite là-dessus.

. Tu ne fais quasiment pas de match, soi-disant que tu n’as pas le temps. En fait, tu fuis. Et tu justifies ainsi ta descente à la fin de l’année.

. Tu lâches bien ton revers lifté à l’échauffement, c’est à peu près fluide. Mais aussitôt que le match commence, tu n’en fais plus un seul et tu sors la machine à choper.

. Tu es euphorique quand tu gagnes et dépressif quand tu perds. Tu bafoues ainsi les valeurs de Kipling, l’auteur du fameux poème « tu seras un homme, mon fils », dont ces vers sont inscrits à l’entrée du Centre Court de Wimbledon : « si tu peux rencontrer victoire après défaite, et recevoir ces deux menteurs d’un même front… »

. Tu ne peux pas jouer sans ton père au bord du court. Ou alors, à l’inverse, tu ne peux pas jouer quand il est là. L’un ou l’autre. 

. Tu as déjà fracassé une raquette entre 2 balles de service . Comme Benoit Paire.

. Tu te méfies quand tu gagnes le 1er set trop facilement, tu t’effrites dès que c’est trop tendu, tu fissures dès que tu es mené largement… Bref, tu es fragile quel que soit le score.

. Tu trembles des qu’on t’agresse et tu trembles aussi quand c’est toi qui doit agresser. Bref, faudrait savoir…

. En match, tu es obnubilé par ta technique. « Pense à mettre ton bras comme ceci, place toi comme-cela, soigne bien ta prise… ». Que tu fasses ça à l’entraînement, pas de problème, c’est fait pour. Mais en match, crois-moi, c’est le meilleur moyen pour se dérégler.

. Tu aimes insulter ou critiquer les joueurs sur les réseaux sociaux. Mais tu t’es regardé, toi ? 

. Comme tout le monde, tu aimes les jeux francs et directs, les échanges rythmés. Mais toi, tu n’acceptes pas les crocodiles ou ceux qui font service-volée / retour-volée systématique. Tu hurles que ce n’est pas du tennis et tu n’as pas vraiment envie de chercher une solution.

. Tu changes de personnalité au fil du match. Cas le plus fréquent : tu es très sympa à l’échauffement puis de plus en plus insupportable au fil du match.

. Tu as l’impression de pouvoir être facilement mis sous influence. Un rien te perturbe. En revanche, toi, quand tu tentes des trucs de vieux briscard, ça ne marche jamais.

. Tu pousses un gros « ouf » intérieur de soulagement quand tu vois que ton adversaire a l’air franchement mauvais à l’échauffement. Même si parfois, ça ne veut rien dire…

. Tu reçois une décharge anormale de stress négatif au moment d’attaquer le tout premier point du match.

. Tu vas aux toilettes 40 fois avant ton match (c’était le moment poésie).

. Tu te laisses guider par tes sensations plutôt que par le seul désir de progresser jour après jour. En gros, tu bâches dès que tu ne sens rien, alors que c’est dans la difficulté qu’on progresse le plus. Cela revient à naviguer à vue : c’est certes plus facile, mais on ne va jamais très loin.

. Tu prononces plus d’insanités que tu ne fais de coups gagnants durant un match. Promis, c’est vérifié et constaté scientifiquement. Fais le compte toi-même : si ton ratio « bordel de merde »/coups droits gagnants est supérieur à 1, c’est la défaite assurée.

Si tu es arrivé au bout de ce test et que ton résultat s’est avéré positif, félicitations, tu as un mental de chips !

Et pour te récompenser, voici la scène où Nick Kyrgios, « trankilou », pique une petite chips à un spectateur en plein match :




3 thoughts on “Tu sais que tu as un mental de « chips » quand…

  1. Oui, je suis décidément un joueur au mental de chips, sans aucun doute, merci de ce test !

    1. Rester modeste et ne pas trop s’en vouloir quand on a fait un mauvais coup, rester cool avec soi-même et ne pas oublier qu’on est là pour se faire plaisir…

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