Julien, la chronique d’une fessée annoncée

Fidèle de #TDM, lui-même excellent ambassadeur de la tennismandemerdattitude, Julien Mavilla, classé 30, a vécu une expérience assez traumatisante récemment lors d’un match par équipes. Il confesse sa fessée…

 

 

Contexte : Match par équipes + 35 ans face au TC Peyrolles, dernière journée.
On gagne, on sort 1er de poule. On perd… on fait un Bennet’-Mahut en finale de coupe Davis !

Surface : Quick (en bon état mais je déteste cette surface de merde)

Température : -3° à 9h, ressentie – 8000° !!!

Classement adversaire : 15/4 (ancien 15, prof, sait tout faire… important de le préciser)

Score : Défaite 6/2 6/1 (quoi ?)

 

Sur le papier, cette p… de rencontre, on devait la gagner. Dans les faits, on l’a perdue 3/2, on finit 3è et on regardera la fin de la compétition depuis notre canapé. Et puis, c’est pas comme si j’avais pas ma part de responsabilité : j’ai perdu le match des n°1….

Mais bon, attention, hein ! Comme évoqué plus haut, je suis 30 et je joue non seulement en perf’ à 15/4 mais en plus pas n’importe quel 15/4 : l’ex-prof de mon club, la cinquantaine, ancien 15 (vous voyez le style), qui jouait au tennis bien avant que je sois spermatozoïde. En précisant que j’aurais 35 ans l’été prochain, et surtout 8 kgs de trop depuis 8 ans…

J’étais pourtant chaud patate. Quelques jours avant, j’avais demandé à mon prof comment le jouer, j’étais remonté à bloc suite à mes dernières perfs (victoire à 15/5 30 et 30/1 sur les journées précédentes, avec de bonnes sensations). Je m’étais préparé toute la semaine en me disant « fais pas de fautes, fais-le jouer, lâche rien, il peut craquer, il a 50 balais, etc, » mais que dalle. J’étais comme Benoit Paire face à Federer, ou Kiki en cette fin de saison  (la faute à Thiem ?) : voué à la fessée…

Après s’être tous deux installés sur ce court en béton poreux (moi j’appelle ça un Quick de merde), nous partons à l’échauffement traditionnel de deux tennisman dont un de seconde zone (moi) : coup droit, revers, volée, smashes et services avec ma foi de bonnes sensations, ce qui me réconforte dans mon mental et ma confiance. En face, mon adversaire s’échauffe en survêt avec sa vieille Aero Pro Drive, son surgip rongé par les années,  sa main cornue, et une demi-bouteille pleine à côté de sa chaise. Le parfait vétéran ! Alors que moi, je me la raconte avec mon Aero dernière génération connectée et mon surgrip que je change toutes les 2 heures. J’ai également deux bouteilles pleines, l’une de flotte et l’autre d’une boisson isotonique. Le parfait kéké !

Le match… pardon, l’exhibition  commence. Le prof gagne le toss et décide de servir, logique, il la joue vieux renard. Retour de service dans le filet, logique aussi, c’est le début : 15/0. Service-volée, il me fait comprendre à qui j’ai à faire, Ok mon gars, c’est de bonne guerre : 30/0. Sur le point suivant, je décide  de donner tout ce que j’ai : je me bats de gauche à droite tel les essuie-glaces d’une voiture en Bretagne en plein mois de novembre (la nuit). Je gagne le point, 30/15, yes !! Le « come on » est seulement dans ma tête, mais dans mon esprit, le match est lancé.

Et là, premier fait de jeu marquant : je casse mon cordage sur le retour de service, j’essaie lamentablement de finir le point rapidement mais la balle finit sa course sur la bâche de fond de court… Perte totale de contrôle. Déjà qu’en temps normal j’ai du mal, alors une accélération de coup droit lasso avec une corde cassée, c’est mission impossible… (J’en profite pour faire une petite pause publicitaire, je joue avec le cordage Solinco de Sam Querrey, j’adore !). Et voilà le travail, 40/15 puis 1, 2 et 3-0, cela fait 20 minutes qu’on joue et c’est déjà quasiment plié, merci messieurs-dames ! Au moins, intérieurement, j’ai déjà mon excuse. C’est le cordage…

Ben oui, car après avoir fait le deuil de sa raquette principale,  on trouve toujours la deuxième moins bien (n’est-ce pas Adrian Mannarino ?). Je me dis que si je reste dans cette spirale, ça sent les 2 bulles… Je vous passe le film un peu en accéléré, mais pour une raison que j’ignore, j’arrive pourtant à revenir à 2/4. C’est là que l’expérience de mon adverse rentre en compte. Le combo magique « ancien 15 et prof » me rentre dans la tête et me ramène sur ma chaise à 6/2, avec un rythme cardiaque à 152 d’après ma montre Fitbit (oui, je suis un geek des terrains, j’assume !).

Le 2ème set part sur les bases identiques. Même si je lui donne du fil à retordre, j’ai en face de moi un mec qui a autant de matches au compteur que Nadal et Federer réunis sur le circuit ATP. Alors que moi, c’est Shapovalov : du talent, mais la fougue mal canalisée d’un jeune chien fou, et branché sur arrosage automatique…

Bref : 25 minutes plus tard, le récital du prof me renvoie à la réalité du score : 5/1, service à suivre. Là, j’ai droit à un festival en guise de bouquet final. Service-volée, du chop, du lift, de l’amortie/lob, de la défense, de l’attaque, bref la panoplie de Maitre Yoda face à Luke Skywalker… En à peine 1h10 de jeu, je suis renvoyé à mon sabre laser.

Moralité : on lâche rien mais putain que le chemin est encore long ! Comme le dit si bien @tennismandemerde : le tennis reste une vaste blague, rions de tout !

Julien M.

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